10 avril 2016 - Emmanuel LEU T.

Mon parcours : le début de mon malheur !

C’est l’histoire d’un ex-kadogo (enfant soldat) de l’armée de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratique pour la Libération), une armée conduit par Laurent Désiré Kabila dans les années 97, armée qui avait mit fin aux 32 ans de règne du Maréchal du zaïre Joseph Désiré Mobutu.

Mon nom est Nmizimbwe Mpingirwa Grégoire, je suis né à l’Est de la République Démocratique du Congo mon pays, au Sud Kivu au village de Kalehe le 14-07-1985.

Quand j’avais 7 ans d’âge, un groupe armé appelé F.D.L.R. avait envahi notre village. On venait du champ avec ma famille, mon père, ma mère, ma sœur et moi. Mon père et moi étions restés derrière pour nous baigner à la rivière, ma sœur et ma mère nous avait précédés au village.

Sur la route du village ma mère et ma sœur était tombé entre les mains des rebelles, moi et mon père nous nous sommes cachés dans un buisson et là j’ai vu (en fait j’ai entendu) ma propre mère se faire violer et ma sœur Blandine qui n’avais que 9 ans à l’époque. Mon père m’avait couvert les yeux, une façon pour lui de m’empêcher de voir cette ignoble acte qui se commettait sur ma mère et ma sœur, mais il avait hélas oublié de  me boucher aussi les oreilles pour ne pas que j’entende leurs cris de pleur. Depuis lors, ma mère n’a plus eu d’autre enfant ce qui explique que je sois le cadet.

A 9 ans d’âge, une autre troupe, l’ELERA, avait assaillie mon village à 2h du matin. Ils avaient pris tout ce qu’on avait de valeurs, mon père, il détenait plus de 40 têtes des chèvres; on avait tout perdu dans cette nuit du 03- 02- 1994. Ils avaient amenés avec eux ma sœur Blandine comme femme  alors qu’elle n’avait que 11 ans.

Trois ans plus tard alors que j’avais 12 ans en 1997, une nouvelle attaque surgie, c’était celle de l’A.F.D.L. Deux semaines après la libération de l’A. F. D. L, ma sœur Blandine était enfin rentrée à la maison. A ma grande surprise, elle avait une santé médiocre et à ses côtés deux enfants qui la tenaient les mains, un autre au dos et pour couronné le tout, une grossesse. Comme je n’ai jamais était sournois dans ma vie, je l’avais posé la question de savoir : A qui était ces enfants ?

Elle m’avait répondue par les larmes. Chaque enfant avait son propre visage. Pour dire, qu’elle était femme à tous.

Dix jours après que le village soit entre les mais de l’AFDL, le gouvernement Zaïrois avait lancé sa riposte par des bombardements, c’était le début de la guerre, une guerre qui va diviser plusieurs famille dont la mienne, c’est à cette période que je pu voire la barbarie de l’homme, des choses les plus sauvage de toute ma vie.

Dans le village, des choses atroces se dérouler : les militaires ordonnaient aux femmes de piler leurs bébés dans le mortier, Ils imposaient au fils de coucher avec sa propre mère et au père avec sa propre fille et au frère de coucher avec sa propre sœur, ils demandaient aux grandes personnes d’ouvrirent leurs bouches pour leurs crachaient dedans et ils les appelaient « Mudjinga » c’est-à-dire « inconscient », tout ça, aux yeux de tout le monde.

Dans la débandade, je me suis retrouvé séparer de ma famille en suivant une foule des gens du village sans savoir où on allait. Je m’étais enfouit très loin sans me rendre comte

Après deux jours de marche en suivant la foule sans savoir où elle m’amenait, je m’étais retrouvé dans un village situé à quelques kilomètres de Bukavu, on devait y passer la nuit pour reprendre la marche à l’aube. A 3h du matin, les gens partaient déjà, j’avais essayé de me tenir debout et marcher, mais je ne pouvais pas, mes jambes étaient gonflées.  J’étais alors resté. Erreur de ma part car c’est dans ce village que va débuter mon calvaire.

Dans l’article qui suit je vais vous raconté mon malheur et comment j’en suis arrivé à devenir enfant soldat (kadogo).

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