1 août 2015 - Emmanuel LEU T.

RDC : quelle politique des loisirs pour les vacances ?

Les mois de juillet et août sont reconnus pour les mois au cours desquels les différentes catégories de personnes prennent leurs vacances après un temps d’activité relativement long.
Pour se refaire une santé mentale ou même une santé physique qui replace dans des conditions de reprise de travail optimales, les personnes sont appelées à s’offrir un bon loisir. Ce dernier a une grosse incidence sur le rendement des travailleurs ou même de toute personne exerçant une quelconque activité.
Loin d’être une affaire strictement individuelle, l’Etat est appelé à y veiller en sa qualité de garant de la santé de ses citoyens. Voilà qui justifie pour notre pays l’existence du ministère des Sports et Loisirs : un ministère qui a plusieurs fois hésité entre plusieurs dénominations. Toutes ces tergiversations sont le signe manifeste d’une absence de politique véritable prenant en compte le loisir.
Il est des choses qui relèvent tellement du quotidien qu’il devient difficile d’en parler. Pourtant ces choses au sujet desquelles on observe parfois un mutisme incompréhensible et même embarrassé participent parfois à l’explication de certaines logiques du fonctionnement de la société. Le terme loisirs   donne du fil à retordre aux personnes lorsqu’elles ont à en donner le sens.
Dans le cadre du loisir de développement, l’Etat congolais devrait réviser sa conception de l’éducation centrée sur l’école et mettre en place une vraie éducation permanente. Celle-ci attire notre attention sur une méprise qui nous guette : celle de penser que l’éducation permanente ne devrait concerner que tous les âges de la vie. Ce qui importe c’est de mettre en place une éducation permanente qui sache tirer profit de la banalité du quotidien et plus particulièrement du temps de loisir. De ce fait, jeunes et adultes devraient maintenir une continuité dans les apprentissages en vertu du principe selon lequel : « Il n’est jamais trop tard pour apprendre ». Etant donné que l’accent doit être mis sur le quotidien, la pédagogie étatique des loisirs devrait s’y référer constamment et bondir sur des savoirs ordinaires pour élaborer un savoir savant.
A l’intérieur de nos loisirs se joue le drame de notre société entière : la qualité des loisirs des uns et des autres suffit à tracer les frontières sociales et à en déterminer l’importance de la fracture. C’est dire combien, certaines logiques du fonctionnement sociétal se cachent derrière certaines choses qui semblent aller de soi et au sujet desquelles nous nous taisons ou n’avons que des réponses brèves.
L’importance des loisirs ayant été déterminée, il appartient à notre Etat de s’engager dans l’institutionnalisation des loisirs collectifs en vue de l’équilibre et de l’épanouissement de l’homme congolais qui ploie sous le joug d’un travail producteur harassant souvent très mal rétribué. La reconstruction nationale y est largement tributaire.
A bon entendeur !

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