30 juin 2014 - Emmanuel LEU T.

RDC : Discours Lumumba, 54 ans après où en sommes nous ?

lumumba

Voici dans cette article, le discours du tout premier 1er ministre de la République Démocratique du Congo, discours prononcé le 30 juin 1960 lors de la proclamation de l’indépendance du pays, à la fin de chaque paragraphe on fera un petit commentaire et nous nous poserons parfois une question, une façon de voir ce qu’il en est aujourd’hui 54 ans après que ce grand monsieur ait prononcé ce discours qui va lui coûté sa vie quelques mois plus tard.

Congolais et Congolaises,

Combattants de l’indépendance, aujourd’hui victorieux,

Je vous salue au nom du gouvernement Congolais.

A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côté, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez.

Certes il est vrai que, nous Congolais, avons gardez à l’esprit cette date.

A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaitre à leurs fils et à leurs petits fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

Est-ce que ce que nous faisons ? N’avons-nous pas entendu d’autres compatriotes parfois mieux placé dans la société criez tout haut que Lumumba avait demandé l’indépendance trop tôt et que ce de sa faute si le pays stagne aujourd’hui?

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays amis avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que ce par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. C’est une lutte qui fut de l’armes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force.

Pouvons-nous dire aujourd’hui qu’avec la Belgique, nous traitons d’égal à égal ? Pourquoi avons-nous abandonner la lutte, sommes-nous digne d’être Congolais alors que nous ménageons nos forces ? Pouvons-nous  être fiers de notre situation aujourd’hui ?

Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

Et notre sort en 129 ans depuis 1885 est-il différent ?

Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.

54 ans après la situation est la même, comment un fonctionnaire de l’état qui touche 45000 Franc (équivalent de 50 $ américain) peut-il nouer les deux bout ou peut-il se vêtir, se loger ou même élevé ses enfants ? La situation est la même pour l’enseignant qui a demandé l’accord de Mbudi sans succès depuis plus de 10 ans et ils espèrent qu’un jour ils auront même les miettes de Mbudi, dans les entreprise de l’état, on en parle plus vu qu’ils comptent près de 6 ans d’arriérer de salaire à la SNCC (Société Nationale de Chemin de fer du Congo), la Gécamines et la MIBA c’est pareil.

Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègre.

Même chose est le sort de ceux qui osent tenter de manifesté aujourd’hui contre le pouvoir.

Qui publiera qu’à un noir on disait « TU », non certes comme à un ami, mais parce que le « VOUS » honorable était réservé aux seuls blanc !

Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaitre le droit du plus fort.

Nous vivons la même chose aujourd’hui avec l’installation de plusieurs capitaux étrangers dans le pays, surtout dans le secteur minier et forestier.

Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres.

N’avons-nous pas vu la même chose dans des procès au pays ? Selon que les parties au procès était soit proche du pouvoir ou mieux placé financièrement ?

Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyance religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.

Nous avons connu qu’il y’avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs, qu’un noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits « européens », qu’un noir voyageait à même la coque des péniches aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe.

Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppresseurs et d’exploitation.

Ensemble mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur.

Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoivent la rémunération de son travail.

Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir lorsqu’il travail dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière.

Nous allons veuillez à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toute les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.

Et pour tout cela, cher compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses, mais sur l’assistance de nombreux pays étranger dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyal et qu’elle ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit.

Ainsi le Congo nouveau que mon gouvernement va créer sera un pays riche, libre et prospère. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.

Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise.

L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.

Notre gouvernement fort-national-populaire sera le salut de ce pays.

J’invite tous les citoyens congolais hommes, femmes et enfants de se mettre résolument au travail, en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.

Hommage aux combattants de la liberté nationale.

Vive l’indépendance et l’unité africaine.

Vive le Congo indépendant et souverain !

Grande est notre déception de voir qu’aujourd’hui 54 ans après ce beau discours plein des rêves et promesses que la situation soit la même, on espère seulement qu’un jours viendra et que nous finirons par dresser nos fronts tel que nous le chantons dans notre hymne nationale et que nous changerons enfin la situation. Que Dieu nous aide.

POLITIQUE 30 juin 1960 / Discours Lumumba / Indépendance / Lumumba / Patrice emery / RDC / RDCongo /

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