23 avril 2014 - Emmanuel LEU T.

La jeunesse Lushoise et les jeux vidéos

Dès lors que les personnes ont admis et reconnu les bienfaits des loisirs, elles ont commencé à s’investir elles-mêmes dans la création d’espaces ou simplement dans la mise en place des loisirs susceptible de leur donner un certain épanouissement. Les enfants ou les jeunes constituent cette tranche d’âge qui raffole des loisirs.

Malheureusement, les adultes Congolais ont, dans l’organisation de leur société, accordé peu de place aux loisirs des enfants. Il suffit de regarder l’occupation de tous les espaces de jeu qui procuraient un divertissement sain aux enfants ou encore le non remplacement de toute la batterie de jeux qui faisaient la beauté de la poste souvent acquis à l’insu de l’adulte. Là ils y passent toute leur journée. Les jeux les plus en vogue sont le football et le sport de combat.

Le football développé en ces lieux est la reprise de grandes rencontres internationales ayant opposé soit de grands clubs européens, soit des matches de coupe du monde. La chose la plus surprenante ici est que l’agilité du joueur parvient toujours à modifier le résultat. Celui-ci ne correspond plus avec celui qui a sanctionné la fin de la rencontre réelle.

Les jeunes adorent le football du fait de sa popularité ou du fait qu’ils sont fanatiques de telle ou telle star. Bien entendu, en cherchant à jouer, quoique virtuellement, comme ces grandes vedettes du football, il apparaît un élément clé participant à la formation de leur personnalité : la volonté d’identification. Une identification qui masque en quelque sorte leur aliénation et leurs illusions de penser que les vedettes sont devenues ce qu’elles sont aussi facilement.

Le sport de combat est aussi adulé en raison du culte que les jeunes vouent à la violence car dans la ville, personne ne veut plus perdre la face. Chacun cherche à faire bonne figure, malheureusement non pas avec les idées, mais souvent avec des muscles. Et ce sport, est une occasion rêvée pour apprendre les techniques et les ruses pour mettre en déroute l’adversaire.

Les jeux vidéo constituent certes une bonne détente et un bon divertissement. Détente en ce qu’ils sont des loisirs sportifs et divertissement en leur qualité de loisir social ou pratique réunissant un nombre assez important des jeunes. Là où sont organisés ces jeux, il est assez rare de suivre le commentaire qui a accompagné le match dont on se plaît à imiter le déroulement. Déjà le jeu lui-même se déroule sur fond de bruit assourdissant qui se mêle au vacarme produit par les supporters de l’un ou l’autre protagoniste qui sont sur la scène.

Le montage de ces salles de jeu vidéo de fortune est une interpellation pour la société des adultes, une  manière de leur donner mauvaise conscience vis-à-vis de cette réalité formatrice mais méconnue qui s’appelle loisir. Si les enfants eux-mêmes ont rempli le tableau classificatoire des loisirs, il leur manque de développement.

Ce type de loisir est essentiellement constitué des loisirs culturels à partir desquels l’esprit de l’enfant s’élève et se consolide. C’est par exemple le cas de la lecture par laquelle l’esprit voyage  à travers des contrées autres que son environnement quotidien. La ville de Kinshasa et même d’autres villes du pays n’ont pas de bibliothèque pour enfants pouvant occuper les enfants pendant leurs vacances. Deuxièmement, si les bibliothèques pour enfants font grandement défaut dans la ville, l’école aurait pu compenser cette absence. C’est bien dommage que les écoles disposant de bibliothèques soient à compter au bout de doigts. La conséquence de cet état de fait est immédiatement perceptible : la jeunesse congolaise n’est que très mal cultivée car elle se détend mal.

Le courage et l’initiative de nos amis jeunes qui ont crée des salles de jeu vidéo sont à encourager. Cependant ces efforts ne sont pas encore parvenus à leur terme, il leur reste un dernier palier à franchir. C’est la création par ces jeunes des loisirs de développement, base d’un développement intellectuel harmonieux qui pourrait donner au Congo ces bras et ces cerveaux dont il a besoin pour se reconstruire et rayonner au cœur de l’Afrique.

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